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• Lorsqu'en 1970, l'ensemble scolaire Jean XXIII s'installait dans les bâtiments qui sont les siens aujourd'hui encore, il entreprenait l'écriture d'une nouvelle page d'histoire alors qu'une autre s'achevait : en effet, après plus d'une centaine d'années d'existence, le Petit Séminaire de Montigny-les-Metz entrait dans le rang des souvenirs.
Cependant, comme pour se jouer de l'oubli, ce vaste et bel édifice qui étonne les non-habitués de la "maison" demeure fièrement campé dans une rigueur exigée par son grand âge: on ne se lasse pas de conter, à celui qui sait prêter l'oreille (..:et l'oeil), une déjà longue histoire faite, comme toute histoire qui se respecte, d'heures glorieuses et d'autres qui le sont moins.

• C'est à Monseigneur Dupont-desLoges, évêque de Metz de 1843 à 1880, que revient l'initiative de la construction des bâtiments qui se présentent à nous :


en 1850, il fit don d'un terrain qu'il possédait à Montigny-les-Metz,entre la rue des Cheminots et les chemins de Frescaty à proximité du Château SaintLadre, afin d'offrir à ses élèves qui, tout enfant, se destinaient à la prêtrise, "la joie de l'air pur et vivifiant de la campagne" ; il est vrai que Montigny n'était alors qu'un petit village sur le glacis militaire d'une ville de Metz encore corsetée par son enceinte fortifiée.

Une année plus tard, il entreprend d'y faire bâtir, à partir de fonds drainés de l'ensemble du diocèse, un édifice destiné à recevoir le petit séminaire avec ses salles de classe, ses dortoirs et les chambres des professeurs, les cuisines et le réfectoire, une chapelle et autres lieux de prière ; ce petit séminaire, fondé au début du XIXème siècle, était situé. jusqu'alors dans le centre ville messin.
; le mois d'août 1853, put être consacrée, sous le vocable de Saint Louis de Gonzague, patron de (a jeunesse, la chapelle de l'établissement; cet événement marquait l'achèvement de la construction.
Par sa configuration, le bâtiment tout entier devait prendre part à la formation des jeunes recrues : un cloître aux vastes et profondes proportions en fournit le centre et l'arc en plein cintre trilobé, l'enivrant décor. La hiérarchisation de l'étagement accompagne sans cesse l'oeil vers (e ciel.

Le XIXème siècle, amoureux du Moyen Age, maria au style néo-roman du quadrilatère le style gothique de la chapelle qui ouvre sa large nef unique dans l'aile occidentale du cloître. Ses voûtes à croisée d'ogives n'en sont pas moins trapues ne contrastant ainsi nullement avec ces courbes parfaites que le visiteur vient de quitter. La parure de vitraux (1926-28) raconte ici les hauts faits du saint patron des lieux.

En vis à vis, répondant à cette chapelle, la galerie du cloître donne accès à un hall et son escalier d'honneur : ils conduisaient aux appartements réservés à l'évêque, situés à l'étage :

Le décor de cet ensemble est de ce fait particulièrement soigné et conjugue la tradition architecturale des chapiteaux à crochets et chapiteaux corinthiens à la discrète modernité des matériaux la fonte dont sont faits les fûts de colonne sonne le creux !
l'édifice est introduit par un portail, qui n'est pas sans rappeler celui d'une église, placé dans une façade en avancée sur le reste du bâtiment et limitée dans son développement par deux tourelles à pans décorées de bandes lombardes : ces dernières lui confèrent un indéniable élancement tout en verticalité et par la même une certaine noblesse. Cependant, cette façade a beaucoup perdu de sa monumentalité depuis qu'elle n'est plus abordée de front comme ce fut le cas tant que l'entrée principale se faisait par l'actuelle rue Franiatte : subsistent de ce dispositif primitif le grand porche dans l'enceinte ainsi que la petite maison du gardien. (aujourd'hui désaffectée).


La construction de deux ailes, à la fin du siècle, encadrant la chapelle (au nord, l'actuel "petit théâtre" surélevé depuis) et, en 1903, celle de l'Olympe, pour le logement des professeurs, paracheva l'oeuvre.
Les vicissitudes du temps qui passe expliquent que ces murs ne résonnèrent pas seulement des répétitions et prières des jeunes enfants : y retentit aussi le bruit des bottes et autres chaussures à molletières traversant l'Histoire : une première fois en 1870, puis en 1914 et encore à partir de 1942, le petit séminaire fut transformé en hôpital de garnison. On se battit même dans les jardins en 1944 et notre maison essuya quelques bombes destinées, à l'origine, à la gare de triage toute proche.
Jamais plus après la seconde guerre mondiale, le petit séminaire ne retrouva son éclat d'antan : la célébration de son centenaire (1954) marque en fait le début de ce qu'il faut appeler un déclin et ce n'est pas l'édification d'un nouveau bâtiment dans la cour sud (le foyer Saint Louis) qui put dissimuler l'ampleur du problème. Des 265 élèves de l'année scolaire 1963/1964, n'en restaient plus, cinq ans plus tard, que 188. Cette évolution n'était malheureusement pas propre au séminaire de Montigny et décida les autorités diocésaines à remettre en cause l'existence même de telles structures d'éducation.
Au même moment et à quelques kilomètres de là, les Jésuites qui avaient charge d'enseignement dans la ville de Metz depuis la fin du XVlème siècle, se voyaient contraints, pour cause de rénovation urbaine "buldozérisée" de quitter l'abbaye SaintClément du quartier Pontiffroy dans laquelle ils s'étaient établis en 1855.

De la convergence de ces deux histoires et de bien d'autres impératifs encore vint naître le projet de construction d'un grand ensemble diocésain d'enseignement catholique. Sous la houlette de l'abbé Spir, devaient fusionner en une structure unique tous les établissements catholiques messins (Saint-Clément, La Salle, Cuvry Augny... et le petit séminaire).
Après l'échec de ce projet initial, seuls le collège Saint-Clément et le Sacré-Coeur rejoignirent, en 1970, les bâtiments rénovés (surélévation des deux ailes, terrains de sport macadamisés à l'emplacement du cimetière, gymnase, aménagement de salles de classe, etc...) du petit séminaire.

II prenait alors, sur proposition de Monsieur le Chanoine L. Stenger, directeur diocésain de l'enseignement catholique, le nom de Jean XXIII, du pape des changements, mort quelques années plus tôt. Le petit séminaire subsistait, quant à lui, sous la forme d'une communauté installée dans le Foyer Saint Louis : en revanche, le temps grignotant aussi les souvenirs fit disparaître son nom de la rue en 1985.

 


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